La montagne prend la parole :
Et voilà mon silence dur fonçant sur le moindre bruit qui ose.
Je souffre de ne pouvoir donner le repos sur mes flancs difficiles.
Où je ne puis offrir quune hospitalité accrochée, moi qui tend toujours vers la verticale,
Et ne me nourris que de la sécheresse de lazur.
Je vois les sapins qui sefforcent, en pèlerinage
immobile, vers laridité de ma cime.
Plaines,vallons,herbages et vous forêts,ne men veuillez pas de mes arêtes hautaines! Jai la plus grande avidité de la mer,la grande allongée toujours mouvante que les nuages tentèrent de me révéler.
Sans répit jy dépêche mes plus sensibles sources, les vivaces, les savoureuses!
Elles ne me sont jamais revenues.
Jespère encore.Jules Supervielle - Débarcadères